Chambéry : la cour de l’école Pasteur devient scène de spectacle pour un week-end
Pour la 4e édition, le festival En cour(s) prend possession d’une cour d’école pour proposer une dizaine de spectacles d’arts de rue, du 30 juillet au 2 août. Des concerts et DJ sets prennent le relais, place Brigade de Savoie, les vendredi et samedi soirs.
Borderline, coquette, énorme, précieuse pourraient être les qualificatifs de cette 4e édition du festival de rue En cour(s). Ce sont les noms des spectacles qui vont y être joués, du 30 juillet au 2 août, dans la cour de l’école Pasteur à Chambéry.
Si les cours d’école avaient été un peu choisies par accident lors de la première édition, aujourd’hui, le succès ne se dément pas. Ces lieux vides l’été, sécurisés, faciles d’accès et en plein centre-ville cochent toutes les cases pour recevoir du public. « On aimait bien Waldeck-Rousseau, car il y a beaucoup de passages donc c’est plus facile pour attirer du monde et ça offre la possibilité de s’étendre sur le parc du Verney, ce qu’on avait fait. Mais cet été, il y avait des travaux dans l’école », souligne Pierre-Antoine Baillon, comédien chez PDG & Cie. L’école Caffe offrait une très belle architecture (édition 2023). En 2026, le cadre tranquille de l’école Pasteur, située dans une impasse, a été privilégié.
Des spectacles drôles et acrobatiques
L’événement s’adresse à tous, dès 0-3 ans. Une volonté des deux compagnies chambériennes organisatrices, PDG & Cie et Le fil à retordre : rendre le spectacle vivant accessible. Chaque année, 1 500 festivaliers se déplacent et quasi toutes les dates affichent complet (jauge de 300 personnes). « On est très contents de la fréquentation. En termes financiers, on est juste à l’équilibre. Tout repose sur les entrées à prix libre, les subventions et les efforts qu’on demande aux compagnies qui viennent, dont les artistes sont payés. »
Côté programmation, le public oscillera entre rire et émotions, poésie et show de haute voltige. Huit compagnies du bassin chambérien mais aussi de Drôme et du Lot offriront acrobaties circassiennes, théâtre d’improvisation, danse, solo de clowne, théâtre physique sans parole.
On fera la connaissance d’une contorsionniste qui parle à son frigo et est obsédée par l’amour et la mort. D’une clowne qui se débat avec son horloge comtoise et vit au rythme de son tic-tac. D’équilibristes-jongleurs sur fond de concert de musique classique. De deux hommes qui dépassent les barrières de la langue, à la manière de Charlie Chaplin, pour faire connaissance malgré le fossé les séparant. De comédiens improvisant sur l’univers de Molière et demandant au public de lui souffler le pitch qu’il aimerait voir jouer. D’une clowne-harpiste, arrivée à vélo, qui se lance dans un plaidoyer pour l’eau et la montagne. De trois cordelistes en suspension dans les airs. D’un duo qui explore -par le rire, la danse, le théâtre et les acrobaties- notre relation à la nourriture. De jeunes en formation professionnelle à Arc en cirque venus présenter leurs premières créations.
Les vendredi et samedi, des concerts et DJ sets feront durer la soirée, place Brigade de Savoie. DJ Zebra, spécialiste du mashup (chanson créée à partir du mix de deux titres), sera la tête d’affiche. L’art de rue n’étant jamais loin, un trio ringard et imprévisible, habitué des thés dansants et des kermesses, enflammera le dancefloor avec son style déjanté.
Ingrid Debiolles