Caroline Moriceau publie Aliénations, son deuxième ouvrage

Le Dauphiné Libéré - 23-09-2025 - Joséphine Bacquaert

Caroline Moriceau publie Aliénations, son deuxième ouvrage

Depuis 20 ans, Caroline Moriceau est professeure de français au collège Combe de Savoie. Après sa première pièce de théâtre, elle a publié en juin dernier, Aliénations aux éditions Maïa. Un recueil de poèmes écrit à l’adolescence abordant la quête de soi, l’aliénation et le temps qui passe.

« La poésie est pour moi une manière d’être, de voir la vie avec un autre spectre. » En publiant Aliénations, son deuxième ouvrage (Je suis fictive, aux éditions L’Harmattan ) et premier recueil de poèmes, Caroline Moriceau, professeure de français au collège Combe de Savoie depuis 20 ans, revient à son premier amour : la poésie. « J’aime cet aspect très autobiographique, presque charnel lié aux sens qui me permet d’exprimer les mots qui sonnent en moi », dépeint l’autrice. « La Haute Maurienne a tout changé dans ma vie »

Vingt-cinq ans plus tard, elle décide de se replonger dans les méandres de son adolescence, un recueil écrit alors qu’elle n’avait que 17 ans. « Je n’ai fait que retravailler des poèmes, changer une ou deux rimes pour chercher la quintessence. » Pour autant, les questions qu’elles se posaient adolescente, sont aujourd’hui toujours présentes. « L’évasion, le bonheur, la solitude, le temps qui passe, sont des thèmes que l’on trouve à l’adolescence et qui réapparaissent à l’âge adulte », confie-t-elle.

Avec Aliénations , Caroline Moriceau offre à ses enfants « le miroir de son enfance ». « Dans l’ouvrage, il y a deux sens évoqués : le sens notarial avec une forme d’héritage puis le fait d’être aliéné, de se sentir différente des autres et d’apprendre à se connaître soi-même », résume-t-elle.

Dans son œuvre, on retrouve des clins d’œil à Rimbaud, poète maudit avec qui elle a grandi. « Dans Aliénations , il y a un jeu de mots avec illumination, l’un des recueils du poète. J’ai voulu jouer avec cette paronomase. » Mais aussi à la Savoie, sa région d’adoption à qui elle voue un amour infini. « À 18 ans, ma meilleure amie m’a lancé un défi : quitter l’Anjou pour m’installer en Savoie. Moi qui n’avais jamais quitté mon Auvergne natale, j’ai trouvé ma place en Haute Maurienne, comme un apaisement. C’était assez impressionnant. »

Une meilleure amie qui l’accompagne à chaque étape de sa vie jusqu’à réaliser la couverture de son livre. Un véritable symbole. Une nouvelle pièce de théâtre en préparation

« Pour mon recueil, je voulais une illustration personnelle. Sur la photo, l’ombre que l’on voit et que l’on ne voit pas, c’est elle. On aperçoit également un rocher. Pour la passionnée de grimpe que je suis, tout a un sens. »

Et Caroline Moriceau ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. Elle aspire déjà à publier son prochain livre, mais cette fois-ci la page sera blanche. « Je suis en train de terminer ma deuxième pièce de théâtre qui fait écho à mes deux premiers livres », annonce Caroline.

Mais alors plutôt théâtre ou poésie ? Pour elle, impossible de faire un choix. Avant tout, c’est le plaisir d’écrire qui l’anime. « Depuis petite, j’ai toujours aimé cela. Même quand je ne savais pas encore écrire, je me racontais des histoires à voix haute. Cela fait partie intégrante de ma vie. J’ai quotidiennement besoin de mettre mes pensées sur papier. C’est libérateur. »

Pour autant, le théâtre, c’est son quotidien. Depuis une dizaine d’années, elle anime un atelier pour que les élèves du collège de la 6e à la 3e s’initient au théâtre d’improvisation. Depuis 10 ans, l’établissement participe au trophée d’impro Culture et Diversité. Cette année, la professeure va de nouveau accompagner 15 élèves dans cette aventure. Pour se préparer, ils pourront suivre, dès octobre, des ateliers dispensés par la comédienne Marielle de PDG et compagnie, avant le début des matchs d’impros en janvier. « J’ai eu la chance d’accompagner ces deux dernières années l’équipe Rhône Alpes en finale. On espère le même résultat cette année. »

Joséphine Bacquaert